Institut de l'Entrepreneuriat – Les préjugés sur les entrepreneurs …
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Les préjugés sur les entrepreneurs …

Publié le 22 juillet 2014

Étant en stage depuis un peu plus de deux mois au sein de l’IES, tous les préjugés que je pouvais avoir sur l’entrepreneuriat se sont effacés. En effet, comme la plupart d’entre nous, je pensais que les entrepreneurs étaient assoiffés d’argent, que seuls les enfants d’entrepreneurs pouvaient réussir ou encore qu’il suffisait d’une bonne idée pour créer son entreprise… Mais je me suis très rapidement rendue compte que toutes ces idées reçues étaient bien loin de la vérité ! J’ai donc décidé de partager avec vous cinq préjugés que j’avais en tête et comment ceux-ci se sont avérés être faux.

Préjugé n°1 « C’est l’argent qui motive l’entrepreneur »

Certaines personnes décident de se lancer dans les affaires pour devenir autonome du point de vue financier, pour jouer le rôle de son propre patron et pour aller au-delà de ses limites. Parmi ces individus pleins de projets, il y a une certaine partie qui souhaite changer le monde, une autre qui envisage de changer de domaine d’activité ou d’environnement et une grande partie qui a un projet innovant et souhaite le réaliser. Mais avant toute chose, ce qui incite quelqu’un à entreprendre, c’est la passion.

Contrairement aux idées reçues, les entrepreneurs ne roulent pas tous sur l’or, surtout dans les premiers temps.

romain-petitRomain Petit, créateur de l’entreprise Herdo, en témoigne : « Personnellement, lorsque j’ai pris la décision de me lancer, c’est parce que j’ai estimé qu’une place était vacante sur le marché. C’est une réelle question d’opportunité et je pense que pour mes futures entreprises, ça sera la même chose. De plus, si la première motivation d’un (jeune) entrepreneur est l’argent, il la crée pour de mauvaises raisons et aura donc, selon moi, plus de chances de se planter. On est avant tout animé par la volonté de prouver que notre idée est bonne. Ça passe par beaucoup de travail, de temps et de sacrifices. Généralement, les premiers mois (voire années pour les plus malchanceux) sont difficiles car on ne se paye pas. De plus, il faut savoir s’accorder du temps avec ses proches. Ce n’est pas forcément évident au vue des échéances quotidiennes générées par l’entreprise ».

Mais attention, il existe également beaucoup de côtés positifs à la création d’entreprise ! Romain en énumère quelques-uns : « tout d’abord être indépendant : j’adapte mes horaires comme je le souhaite, en fonction de mon emploi du temps. Ensuite les perspectives de développement sont pour moi un challenge excitant : le fait de se dire que l’entreprise peut devenir énorme grâce à une idée, mon idée. De plus, lorsque l’on est entrepreneur, on ne connait pas la routine : contrairement à certains salariés, on jongle avec plusieurs métiers. On ne fait jamais la même chose et l’imprévu casse totalement cette possibilité de routine. Le sentiment de satisfaction est également présent car réussir à créer de la valeur avec une entreprise créée de toute pièce est très gratifiant. Enfin, le métier d’entrepreneur est passionnant. Pour ma part, en créant Herdo, je suis entré dans une dynamique d’entrepreneur. Dans la vie de tous les jours, lorsque je repère un besoin, une idée arrive automatiquement. Je la note pour ne pas l’oublier, dans la perspective de la transformer éventuellement en entreprise plus tard ».

Préjugé n°2 « Il suffit d’avoir une bonne idée pour lancer son entreprise »

C’est bien d’avoir une idée et encore mieux d’en avoir une bonne. Mais que faire d’une bonne idée ? Et bien la transformer en un véritable projet de création ! Ce sont l’étude commerciale, l’analyse de toutes les contraintes liées au projet et l’étude financière qui permettent de l’affiner et de valider sa faisabilité. De plus, aussi judicieuse soit-elle, une idée doit être accompagnée d’un business plan, qui explique de manière claire ce que vous voulez effectuer, les raisons qui vous motivent et comment vous envisagez de vous y prendre. Nécessaire dans la recherche de vos partenaires – notamment financiers –, un business plan indique la rigueur et la réflexion de l’entrepreneur et témoigne également de sa pleine connaissance de la situation dans laquelle il s’aventure. Avant de solliciter des investisseurs, procédez à une évaluation du marché dans le secteur qui vous intéresse et prenez connaissance de vos concurrents. Le business plan doit également montrer que votre idée survient au bon endroit et au bon moment. En plus de cela, vous êtes LA personne qui va parvenir à mettre en forme cette idée.

deconovRomain Catrix et Pierre Hondermarck, fondateurs de Deconov, solution en ligne pour réaliser sereinement et dans les meilleures conditions les travaux de décoration, le certifient : «Si tu veux créer ton entreprise, il te faut une bonne idée »  C’est vrai… mais largement insuffisant. Et puis, qu’est-ce qu’une bonne idée ? Car un projet a beau être séduisant, attractif et/ou innovant, s’il n’est pas rentable dans sa réalisation, on parlera vite de fausse bonne idée. De la même manière, une bonne idée est souvent assimilée à une innovation ou même à une révolution par certains. Au contraire, la bonne idée peut être déjà présente sur le marché, et pour autant représenter un formidable potentiel de création de valeur (ce qui est d’ailleurs plutôt rassurant, car dans le cas contraire, ça sonnerait la fin de la concurrence et serait de très mauvais augure).
S’il y avait un conseil à donner ? Tout d’abord ne pas s’obstiner à inventer quelque chose, il est possible de réussir avec des idées anciennes, pourquoi pas remises au goût du jour ! Le deuxième conseil, et certainement le plus important, s’assurer que l’on est fait pour la création d’entreprise. C’est une expérience formidable, mais aussi très exigeante et tout le monde n’est pas fait pour ça. De nombreuses « bonnes idées » ne voient jamais le jour car en avoir une est une chose, mais une grande quantité de travail doit suivre pour pouvoir en vivre un jour. Alors échangez, renseignez-vous et si cela confirme votre volonté de vous lancer… Foncez ! »

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Préjugé n°3 « Lancer son entreprise nécessite des connaissances administratives »

Vous pensiez réellement vous inscrire à une formation administrative ? L’essentiel réside dans l’offre de vos produits ou services qui doivent se démarquer de la concurrence. Certes, il est toujours préférable d’acquérir certaines connaissances élémentaires pour être en mesure d’interpréter les états financiers. Et oui, vous devez tout de même vous montrer capable de réaliser l’étude financière, les plans de financement, ainsi que le business plan. En ce qui concerne la comptabilité, vous pouvez vous entourer de spécialistes capables de compenser vos lacunes et de vous guider dans vos décisions.
D’autre part, il faut savoir que de multiples organismes, tels que l’Institut de l’Entrepreneuriat, mettent à votre disposition des ateliers de formation en vue d’améliorer le savoir-faire des jeunes – et futurs – entrepreneurs. Comme par exemple le Label Entreprendre (lien sur l’article du blog) mis en place par l’IES qui débutera officiellement dès la rentrée 2014-2015. Ce complément au diplôme permettra aux étudiants volontaires de se former à l’entrepreneuriat et de promouvoir la culture entrepreneuriale dans les établissements de l’Université Catholique de Lille.

Préjugé n°4 « L’entrepreneuriat se lègue de père en fils »

Depuis les gourous de l’entrepreneuriat jusqu’au moindre artisan à son compte, en passant par les créateurs que l’IES héberge ou a rencontré, tous s’accordent sur un certain nombre de qualités dont un porteur de projet ne peut raisonnablement pas se passer, à des degrés variables, selon la nature du projet et qui s’équilibrent différemment chez chacun. Ténacité, patience et persévérance, confiance en soi, aisance relationnelle, écoute, ouverture, curiosité, et surtout capacité à décider seul et rapidement, à assumer ses responsabilités et à s’adapter sont les atouts cités le plus fréquemment. Ensuite, tout dépend du projet. Ainsi, des qualités de manager seront bien sûr indispensables à celui qui devra dès la création encadrer et motiver une équipe.

Diverses études permettent d’identifier quelques facteurs de succès. On distingue ainsi des points communs aux créateurs d’entreprises pérennes : l’expérience – qu’elle soit du secteur, de la clientèle, du métier, du monde de l’entreprise ou tout simplement de la gestion, la formation – et un entourage entrepreneurial. Il est vrai que voir ou avoir vu des proches créer a la valeur de l’expérience, démontre l’accessibilité de la création, enseigne éventuellement les vertus de l’échec, et favorise également le soutien et les conseils. Une entreprise ne se lègue donc pas forcément de père en fils, mais avoir baigné dans une famille d’entrepreneurs peut inciter les choix d’une carrière professionnelle.
Cependant, au-delà d’un profil type et de « cases à cocher », ce qui importe surtout, avant de vous lancer dans l’aventure de la création, c’est de vous poser les bonnes questions, même si vous n’avez pas toutes les réponses !

Préjugé n°5 « Les entrepreneurs ne pensent qu’à leur projet »

Il est vrai que pour un créateur d’entreprise, son projet lui prend la majorité de son temps. Mais c’est normal ! Car créer et faire vivre une entreprise est un travail à plein temps, et il est important de rester concentrer sur ses objectifs. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait dire ou croire, les entrepreneurs sont très généreux quand il s’agit d’offrir leur aide à un « compatriote ». En effet, au sein de l’Institut de l’Entrepreneuriat, les porteurs de projet prennent le temps de s’entraider et d’avancer sur chacun des projets. Et oui, ils sont tous acteurs lors des moments de rencontre au sein de l’IES tels que les « IES Club », les « Challenge ton projet » où la confidentialité, la solidarité, la confiance, la loyauté mais aussi l’authenticité et la convivialité sont les valeurs partagées.

photoMaxime Piquette, fondateur de Radio King l’affirme : « Challenger notre projet nous a permis de découvrir la vision de différents chefs et créateurs d’entreprise. Grâce aux différents exercices que nous avons réalisés ensemble, nous avons pu au fur et à mesure définir toutes les réponses à notre problématique. Ce rendez-vous nous a également offert la possibilité d’entendre les avis et les idées de chacun. Nous avons été surpris de l’efficacité de ces retours qui sont parvenus à cibler précisément les problèmes, tout en apportant de nouvelles solutions ».

D’autre part, il est très difficile pour les entrepreneurs de concilier vie privée et vie professionnelle. D’ailleurs à l’occasion d’un IES Club, la thématique a été abordée par un coach de développement personnel afin de trouver le bon équilibre. Cela a permis aux jeunes créateurs d’entreprises de découvrir comment avoir une bonne gestion de son temps. Pour la plupart d’entre eux, ils sont jeunes et débutent dans leur vie professionnelle mais aussi dans leur vie affective. Chacune d’entre elles demande un certain investissement de leur part : emménagement à deux, nouvelle voiture, organisation d’un week-end, soirées entre potes ou encore rendez-vous à la banque, réalisation du business plan, recherche et fidélisation des clients, factures à payer… Tout cela n’est pas forcément compatible et les entrepreneurs doivent faire un travail sur eux-mêmes pour réussir à les rendre « complémentaires ».

Pour conclure je dirais que je suis très agréablement surprise de ce milieu et des personnes qui en font partie. En effet, l’IES respire la jeunesse, la créativité et la bonne humeur ! 

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